Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /Fév /2010 16:21

 

 

Le tryptique du "Jardin des délices" de Jérome Bosch présente une première scène où figurent Adam et Eve, un panneau central qui représente le paradis terrestre et un troisième qui figure l'enfer.

Dans cette oeuvre,  Jérome Bosch fait vivre des correspondances au sens très baudelairien du terme qui invite à dépasser une simple vision narrative ou linéaire de l'oeuvre.

Dans le "Jardin des délices", tout se mêle et se confond comme dans un bourdonnemen sourd et pourtant si net, si limpide, comme par un effet très fort de synesthésie, tout  s'additionne et se soustrait: les couleurs et les formes, le statisme et le mouvement, le réalisme de certaiens figures et l 'onirisme des autres...

ici, les sens se substituent les uns aux autres, mais ils se rencontrent et s'agencent aussi au sein d'une symphonie visuelle qui invite au vertige.

Dans le "Jardin des délices", Bosch offre un panoramma infiniment complexe des humanités d'une part, et de l'individu comme un monde parmis d'autres mondes, parmis d'autres individulaités qui s emmélent et se démelent, dans un mouvement très étrange qui outrepasse le simple aspect d'une représentaion charnelle. Il y aurait ici, comme une présence de la psyché, comme le système symbolisé de ses mouvements, comme l'ordre du chaos qui la rend possible. Il y aurait dans ce tableau comme "une inquiétante étrangeté", comme une part insaisissable de l 'humain, comme son échapatoire aussi...

Ici la gestualité casse l'agencement symétrique de la peinture et incarne la vie dans sa pulsion, sa violence, sa tendresse et son errance métaphysique.

Ayant pour trame de fond les récits religieux bibliques cette oeuvre placent Dieu, Adam et Eve comme des personnages qui ne semblent pas être l'épicentre de cette toile énigmatique. D'une part ces derniers se trouvent à gauche de la toile, d'autre part la partie centrale du tableau renvoie à l'anonymat de corps en mouvement dont la présence parait se poser en tant que métaphore  d'un questionnement philosophique. La quête métaphysique s'exprime alors par le territoire en friche des sensations que créé l'image et sa confusion.


La troisième partie, l'enfer, représente des personnages aux actes triviaux, bestiaux, et relevant de l'écoeurement.

Il n'est pas dit que les trois parties fonctionnent en opposition les unes par rapport aux autres. Comme s'il s'agissait d'opérer un montage des mondes qui peuple l'humain. 

Le Jardin des délices évoquerait peut aussi ces trois parts constitutives de l'être humain:

- son aspiration à l'élévation figuré aussi par la déité,

- son mouvement vers l'autre,

- sa solitude et son repli dans la trivialité.

Trois espaces relationnels où se s'articulent et se tissent les territoires de toute identité que sont le corps et l 'esprit.

Par Marie-Luce Liberge
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